La Semaine du Goût
Du 17 au 27 septembre 2026
Rhubarbe
Rubrique « Bien manger »

Asperges et rhubarbe, les vrais signes du printemps

  • 3 avril 2026
  • Jawad Reddani, Marché paysan

Attendus chaque année avec impatience, ces deux produits rappellent qu’un aliment de saison est souvent un plaisir bref, qu’il faut savoir savourer au bon moment.

Après les premières floraisons, le retour passager du froid et les soirées qui s’allongent depuis le changement d’heure, deux arrivées suffisent à confirmer que le printemps est bien là: l’asperge et la rhubarbe.

Asperges et rhubarbe ont un point commun que l’on ne soupçonne pas toujours dans l’assiette: ce sont des cultures pérennes. Elles reviennent d’année en année, mais seulement si on leur laisse le temps de reconstituer leurs réserves. L’asperge pousse à partir d’une griffe souterraine qui stocke l’énergie nécessaire à la saison suivante. Après quelques semaines de récolte, on laisse donc les tiges se développer pour que la plante recharge ses réserves. La rhubarbe fonctionne selon la même logique : après la récolte, ses grandes feuilles doivent rester en place pour nourrir le rhizome. Si leur saison est courte, ce n’est donc pas un hasard, mais une condition pour qu’elles reviennent en pleine forme au printemps suivant.

Ce sont aussi deux cultures exigeantes. L’asperge aime les sols bien drainés, le soleil et la patience, puisqu’il faut attendre plusieurs années avant d’atteindre une pleine production. La rhubarbe préfère, elle aussi, un sol fertile et bien drainé, capable de rester frais sans être gorgé d’eau. Leur retour a donc quelque chose de précieux : elles n’occupent pas les étals pour faire nombre, mais pour marquer un moment très précis du calendrier, celui où l’on quitte enfin l’hiver.

Côté cuisine, quelques rappels s’imposent. Pour la rhubarbe, seules les tiges se consomment: les feuilles, riches en acide oxalique, doivent être écartées. Quant à l’asperge, sa légère amertume fait partie de son identité. Dans les deux cas, c’est justement cette personnalité marquée qui en fait tout l’intérêt. On les attend, on les retrouve, puis on les laisse repartir. Et c’est peut-être cela, au fond, le vrai goût du printemps : une saison courte, lumineuse, qu’on apprécie d’autant plus qu’elle ne dure pas.

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