Animaux génétiquement modifiés: une réponse contestée
- 2 octobre 2026
- Dr. Luigi D’Andrea, Secrétaire de l’ASGG, alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique.
Le génie génétique gagne du terrain dans les élevages industriels.
Des porcs résistants à certaines maladies, des bovins plus musclés ou des poules produisant des œufs moins allergènes: dans un nouveau rapport, l’organisation environnementale Friends of the Earth (FoE) conteste l’idée que les animaux génétiquement modifiés puissent résoudre les problèmes de l’élevage industriel. Selon elle, ces modifications permettent surtout d’adapter les bêtes à la production intensive, au lieu d’améliorer leurs conditions de vie.
Les porcs rendus résistants au syndrome reproducteur et respiratoire porcin illustrent ce débat. Présentées comme favorables au bien-être animal, ces innovations pourraient aussi encourager le maintien d’élevages où la promiscuité et le stress facilitent la propagation des maladies. Le rapport rappelle que la production intensive consomme des terres, de l’eau et de l’énergie, génère des pollutions et contribue aux émissions de gaz à effet de serre. Il souligne également le risque de résistance aux antibiotiques lié à leur utilisation en élevage.
FoE appelle par ailleurs à examiner les effets imprévus des modifications génétiques sur la santé des animaux, la sécurité alimentaire et les écosystèmes. Des animaux résistants à une maladie pourraient, selon l’organisation, exercer une pression de sélection sur les agents pathogènes.
Le débat dépasse l’agriculture: le génie génétique est aussi envisagé pour les animaux de laboratoire, de sport ou dans des projets de conservation. Face à cette évolution, il est important que la Suisse s’en tienne au principe de précaution et poursuive résolument sa voie sans OGM. Elle ne doit ni adopter une déréglementation des nouvelles techniques de génie génétique applicables aux plantes, à l’instar de l’UE, ni ouvrir la voie aux animaux génétiquement modifiés. C’est la seule façon de garantir la transparence et la liberté de choix des consommateurs, d’éviter les risques pour les animaux, l’environnement et l’agriculture, et de promouvoir une agriculture durable et respectueuse des animaux.
L’ASGG a lancé un appel à signer qui va dans ce sens: https://stopogm.ch

